Un torii (鳥居) est le portique traditionnel à l'entrée d'un sanctuaire shintō. Deux piliers portent deux poutres transversales, et celle du haut se courbe souvent doucement vers le ciel. Le torii est simple, et pourtant c'est l'un des symboles les plus connus du Japon. Quand on passe dessous, on quitte le monde ordinaire et on entre sur une terre sacrée.
Un seuil vers le sacré
Dans le shintō, un sanctuaire (神社, jinja) est la demeure des kami, les dieux et les esprits du monde naturel. Le torii se dresse là où l'ordinaire s'arrête et où le sacré commence. Passer dessous, c'est entrer dans le domaine des kami. Par coutume, les visiteurs s'inclinent avant de passer. Ils marchent sur les côtés de l'allée et laissent le centre, le seichū, au dieu. L'allée au-delà du portique, le sandō (参道), mène au sanctuaire. En chemin, on s'arrête à un bassin pour se rincer les mains et la bouche. Un grand sanctuaire peut avoir plusieurs torii à la suite.
La plupart des torii sont peints d'un vermillon vif (朱色, shuiro). On croit que ce rouge éloigne le mal et représente la vie et le soleil. Le pigment traditionnel contenait du mercure, qui protégeait aussi le bois. D'autres torii sont en bois brut, en pierre ou en bronze. Il existe deux grandes familles de formes. Les torii shinmei ont des poutres droites. Les torii myōjin ont une poutre supérieure qui se relève aux extrémités. Une règle simple pour les voyageurs : un torii signale un sanctuaire shintō, et une porte avec un toit, un sanmon, signale un temple bouddhiste.
“Passez dessous, et vous laissez derrière vous le monde ordinaire.”
Des portiques célèbres
Quelques torii atteignent une taille extraordinaire. Le grand portique du sanctuaire d'Itsukushima, sur une île près d'Hiroshima, semble flotter sur la mer à marée haute. Au Fushimi Inari de Kyoto, des milliers de torii se dressent si près les uns des autres qu'ils forment des tunnels lumineux qui gravissent la montagne. Chaque portique est le don d'une personne ou d'une entreprise, en remerciement ou en espoir, et le nom du donateur figure à l'encre au dos. On entre au Meiji Jingū de Tokyo par l'un des plus grands torii en bois du Japon. Le portique du sanctuaire de Hakone sort directement du lac Ashi, avec le mont Fuji derrière lui.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
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鳥居 : on le lit souvent comme « perchoir à oiseaux », de 鳥 (tori, « oiseau ») et 居 (« se tenir »). Le folklore le relie à un perchoir pour les oiseaux sacrés des mythes. Mais personne ne sait vraiment d'où vient cette forme.
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苦しい時の神頼み (kurushii toki no kamidanomi) : « prier les dieux seulement dans les moments difficiles », un proverbe ironique sur ceux qui ne se tournent vers la foi que dans le désespoir.