Un haïku (俳句) est un poème japonais très court. En japonais, il compte dix-sept sons répartis en trois parties : cinq, sept et cinq. En général, il nomme une saison et saisit un petit instant. C'est sans doute la forme de poésie japonaise la plus connue au monde.
Dix-sept sons
Le haïku japonais compte des sons, appelés on, et non des syllabes. Le mot « haïku » lui-même compte trois sons : ha-i-ku. Deux règles importent plus que ce décompte. D'abord, un haïku contient un kigo, un « mot de saison ». « Grenouille » renvoie au printemps, « cigale » à l'été et « lune » à l'automne. Les poètes utilisent d'épais almanachs qui en recensent des milliers. Ensuite, il contient un kireji, un « mot de coupe ». Il joue le rôle d'une ponctuation orale. Il sépare le poème en deux images et laisse le lecteur sentir l'écart entre elles. En français, les haïkus comptent souvent moins de dix-sept syllabes, car nos syllabes sont plus longues.
Bashō et le vieil étang
La forme est née de la poésie en chaîne, un jeu où les poètes ajoutaient des vers à tour de rôle. La strophe d'ouverture est peu à peu devenue un poème à part entière. Matsuo Bashō (1644–1694) en a fait un art sérieux. Son haïku le plus célèbre dit : furuike ya / kawazu tobikomu / mizu no oto. « Le vieil étang / une grenouille plonge / le bruit de l'eau. » Le poème ne délivre aucun message. Il offre un étang immobile, un mouvement soudain et un bruit qui s'éteint. D'autres maîtres, comme Buson et Issa, ont marché sur ses traces. Le nom « haïku » est récent. Le poète Masaoka Shiki l'a popularisé dans les années 1890. Aujourd'hui, les journaux publient chaque semaine les haïkus de leurs lecteurs, et d'innombrables amateurs en écrivent.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
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季語 (kigo) : un « mot de saison » qui situe le haïku dans l'année.
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切れ字 (kireji) : un « mot de coupe », comme ya ou kana. Il marque une pause et donne au poème un tournant.