Le futon (布団) est le lit japonais traditionnel. Ce n'est pas un meuble mais un ensemble de matelas et de couettes rembourrés. Le soir, on les pose sur le tatami, et le matin, on les plie et on les range. On fait et on défait ce lit chaque jour. Grâce au futon, une pièce japonaise sert de chambre la nuit et d'espace de vie vide le jour.
De la literie, pas un meuble
Un ensemble complet comporte deux parties principales. Le shikibuton (敷き布団) est un matelas ferme qu'on pose au sol. Le kakebuton (掛け布団) est une épaisse couette qui vous couvre comme un duvet. Un oreiller, souvent rempli de balles de sarrasin, complète le tout. Le « futon » occidental, ce canapé-lit, n'est qu'un lointain parent qui a emprunté le nom. Un vrai futon est moelleux, assez fin pour se plier et assez léger pour se soulever, car il faut le ranger chaque jour. Un lit occidental reste dans la pièce. Le futon disparaît, et sa pièce devient autre chose.
Le rituel quotidien
La vie avec un futon suit un petit rythme quotidien. Le matin, on le plie et on le range dans l'oshiire (押し入れ), un placard profond à portes coulissantes qui sert exactement à cela. La pièce est alors complètement libre. Les jours de soleil, partout au Japon, on suspend les futons aux balcons et aux rambardes pour les aérer au soleil. La chaleur et la lumière rafraîchissent le rembourrage et combattent l'humidité et les acariens. Des futons qui sèchent au soleil : c'est une image familière de n'importe quel bel après-midi. Le japonais a même un mot pour un futon que personne ne range jamais : mannendoko, le « lit de dix mille ans ». Il évoque le désordre et la paresse.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
-
押し入れ (oshiire) : un placard profond intégré au mur, derrière des portes coulissantes. Le futon y passe la journée, et chaque chambre traditionnelle en possède un.
-
万年床 (mannendoko) : littéralement « lit de dix mille ans », un futon qui reste au sol jour et nuit. Le mot est devenu synonyme de paresse.