L'iki (粋) est un sens du style fondé sur la retenue, l'assurance et une pointe de détachement, l'exact opposé de tout ce qui est tape-à-l'œil ou qui en fait trop. Quelqu'un ou quelque chose peut être iki : une façon de s'habiller, un tour de phrase, l'inclinaison d'un chapeau, une musique jouée juste un peu trop décontractée pour être guindée.
Un style construit par la retenue
L'iki est né dans les quartiers marchands et de divertissement du Tokyo de l'époque d'Edo, chez des gens qui avaient de l'argent et du goût mais aucun rang dans une société encore régie par la naissance et le titre. Privés des symboles de statut tape-à-l'œil de l'ancienne aristocratie, ils se sont bâti leur propre étalon, où le but n'était jamais d'avoir l'air d'essayer. Un kimono de couleur sobre avec un seul détail net et inattendu, une blague lancée platement plutôt qu'étirée pour faire rire, un compliment fait une fois et jamais répété : tout cela se lit comme iki, car la retenue demande bien plus d'assurance que n'importe quelle esbroufe.
La frontière entre le chic et la maladresse
L'iki a un opposé naturel, le yabo (野暮), quelqu'un de maladroit, insensible à l'ambiance, ou qui en fait beaucoup trop, le genre de personne qui explique sa propre blague ou porte tous ses bijoux à la fois. Marcher sur la ligne entre les deux demande un œil exercé : pousser trop loin la retenue et cela paraît juste négligé, ne pas assez se retenir et cela bascule dans l'esbroufe. Les geisha et les anciens quartiers de plaisir ont longtemps été vus comme les juges les plus sûrs de l'iki, et le mot sert encore aujourd'hui pour désigner tout, une tenue, un tour de phrase, qui paraît chic sans effort et avec assurance.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
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野暮 (yabo) : « fruste, insensible », l'opposé direct de l'iki, quelqu'un qui en fait trop ou ne sent tout simplement pas l'ambiance.
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通 (tsū) : un connaisseur, quelqu'un doté d'un goût réel et mérité dans un domaine précis, étroitement lié à cette même idée de style assuré et discret.