Le sakura (桜) est le cerisier japonais et sa floraison. La coutume de s'asseoir en dessous s'appelle le hanami ; le sakura, c'est l'arbre lui-même, et il occupe dans la vie japonaise une place qu'aucune autre plante n'approche. On le trouve sur la pièce de cent yens, dans les chansons d'école et dans une poésie vieille de plus de mille ans.
Un seul clone, planté partout
La plupart des cerisiers que l'on voit au Japon appartiennent à une seule variété, le Somei-Yoshino, sélectionné à Edo au milieu du XIXe siècle. Il fleurit avant que ses feuilles ne s'ouvrent, si bien que l'arbre devient d'un rose pâle uni, sans vert pour le rompre, et les fleurs tombent après un peu plus d'une semaine. Chaque Somei-Yoshino est un clone, multiplié par greffe et non par graine, donc ils sont génétiquement identiques. C'est pourquoi tout un parc fleurit à un ou deux jours près, et pourquoi l'effet est si saisissant : les arbres sont littéralement au pas.
Un front qui remonte vers le nord
Comme la floraison est brève et les arbres synchronisés, le Japon la suit comme la météo. Le sakura zensen, le « front des cerisiers », est une ligne de prévision qui remonte le pays depuis Kyūshū fin mars jusqu'à Hokkaidō en mai, et les journaux télévisés la présentent comme une carte des pluies. Les gens organisent voyages et fêtes autour d'une fenêtre de quelques jours. Le sens de la fleur découle de cette brièveté : elle est l'image de référence du mono no aware, la beauté de ce qui ne dure pas, et ses pétales qui tombent ont servi, pendant la Seconde Guerre mondiale, de symbole aux vies jeunes fauchées trop tôt.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
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桜前線 (sakura zensen) : le « front des cerisiers », la ligne de prévision qui suit la floraison dans sa remontée vers le nord.
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満開 (mankai) : la « pleine floraison », le pic que visent les prévisions, généralement une semaine environ après les premières fleurs.