Un katana (刀) est le sabre courbe à un seul tranchant que portaient les samouraïs, glissé dans la ceinture, tranchant vers le haut. C'est sans doute l'objet le plus reconnaissable de la culture japonaise après le portail torii, et cela tient autant à sa fabrication qu'à ceux qui le portaient.
Tranchant dur, dos souple
Un sabre a deux missions contradictoires. Il doit garder son fil, ce qui exige un acier dur, et il ne doit pas casser, ce qui exige un acier souple. Les forgerons japonais ont résolu le problème en utilisant les deux. L'acier lui-même, le tamahagane, est fondu à partir de sable ferrugineux dans un four d'argile pendant plusieurs jours. Le forgeron le plie et le martèle à répétition pour répartir le carbone, puis enveloppe une couche extérieure dure autour d'un cœur plus tendre. Avant la trempe, la lame est recouverte d'argile, fine le long du tranchant et épaisse le long du dos, pour que les deux parties refroidissent à des vitesses différentes. Le tranchant durcit, le dos reste souple, et la lame se courbe d'elle-même en refroidissant. La ligne ondulée laissée à la limite de l'argile s'appelle le hamon, et il n'y en a jamais deux identiques.
Rang, rituel, et ce qui subsiste
Un samouraï portait deux sabres, le long katana et une lame courte qui l'accompagnait, et cette paire marquait un rang que nul autre n'avait légalement le droit de porter. Les sabres étaient signés par leur forgeron, transmis dans les familles, et recevaient parfois un nom. Après 1876, le gouvernement en interdit le port, et après 1945 beaucoup furent confisqués ou détruits. La forge de sabres survit aujourd'hui comme un artisanat sous licence plutôt que comme une industrie : un forgeron ne peut légalement produire qu'un nombre limité de lames par an, et les meilleures sont traitées comme des objets d'art, non comme des armes.
Mots et expressions à retenir
Idiomes et proverbes à emporter
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玉鋼 (tamahagane) : « acier-joyau », l'acier brut fondu à partir de sable ferrugineux dans un four d'argile, matière première de la lame traditionnelle.
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反り (sori) : la courbure de la lame, que le forgeron ne façonne pas volontairement mais qui apparaît d'elle-même lors de la trempe.