Érudit
Motoori Norinaga
本居宣長 · 1730–1801 · Époque d'Edo
Motoori Norinaga (本居宣長) était un lettré de l'époque d'Edo (1603–1868), quand les shoguns gouvernaient le Japon. Toute sa vie, il a lu de vieux textes japonais et s'est demandé ce qui les rendait japonais. Le jour, il travaillait comme médecin, mais sa vraie vocation, c'étaient les mots. Il a aussi donné un nom à l'une des idées les plus importantes du goût japonais.
Un médecin qui vivait pour la lecture
Norinaga gagnait sa vie comme médecin dans une petite ville. Il soignait des malades le jour et étudiait la nuit. Il appartenait au mouvement du kokugaku, les « études nationales ». Ses partisans voulaient remonter au-delà de siècles d'influence chinoise et bouddhiste et retrouver une façon de sentir plus ancienne et proprement japonaise. Son grand projet était le Kojiki, le plus ancien livre du Japon. Il a passé plus de trente ans à le commenter ligne par ligne. Grâce à ce travail, il a appris aux gens à lire un texte que presque plus personne ne comprenait.
Nommer un sentiment
Norinaga a aussi lu le Dit du Genji, le roman de cour vieux de mille ans. Il a mis le doigt sur un sentiment qui traverse tout le livre et lui a donné un nom : mono no aware, « le pathos des choses ». C'est la douce tristesse qu'on ressent parce que rien ne dure. Selon Norinaga, ce sentiment tendre et calme face à un monde qui passe était le vrai cœur de la littérature japonaise, et non les leçons de morale. Son expression reste l'une des meilleures clés pour comprendre l'art japonais et son amour des choses qui s'effacent.
Portrait: Motoori Norinaga (self-portrait) · Public domain · via Wikimedia Commons